La soirée s’est déroulée dans le cadre des événements estivaux du Café Culture L’Islet.
1.

Avant de commencer, je tiens à préciser que je parlerai surtout de mon expérience personnelle et de celle des Juifs, moins de celle des Palestiniens. Mais mon histoire révèle une réalité souvent ignorée d’Israël et du groupe qui contrôle le pays. Je souhaite aider la lutte palestinienne en donnant un autre récit.
Je m’appelle Shely Moustaki. Je viens d’Israël, mais je préfère dire, de la Palestine occupée. Je suis une ancienne journaliste et actuellement je traduis des livres. Tout ce que je vous raconte aujourd’hui est le fruit de recherches journalistiques et de mon parcours personnel. Un court extrait de deux livres, dont le premier sera bientôt publié, s’intitule « La matrice Ostjuden : une enquête sur le projet sioniste raciste ».
Mais d’abord, je voudrais vous emmener un peu plus loin dans l’histoire et vous parler de mes parents. Mon père est né au Maroc et ma mère en Égypte. Selon des sources universitaires, la communauté juive du Maroc a existé pendant plus de 2 000 ans, pacifiquement, et dans une égalité presque complète, tout en conservant son caractère religieux unique. De ce fait, les Juifs marocains sont devenus plus modernes au fil du temps, abandonnant certaines de leurs traditions et devenant partie intégrante de la société dans laquelle ils vivaient.
Il en était de même pour la communauté juive en Égypte. Cependant, l’histoire personnelle de ma mère est un peu différente. Mais elle est partagée avec un parent éloigné, Georges Moustaki, qui était le petit cousin de ma mère. Tous les membres de la famille élargie Moustaki ont vécu pendant de nombreuses générations sur une belle île de Grèce appelée Corfou. Au début des années 1920, après la Première Guerre mondiale, la famille Moustaki décide d’émigrer en Égypte, où mon grand-père a rencontré ma grand-mère et ma mère est née en 1948.

Cette année-là (1948), un groupe ethnique d’immigrants venus d’Europe vers le Moyen-Orient, membres du mouvement sioniste, a déclaré la création de l’État d’Israël. En Israël, les sionistes se disent ashkénazes ; En Europe, ils sont connus sous le nom ancien et tristement célèbre d’Ostjuden, les Juifs d’Europe de l’Est. Mais je vous en parlerai plus en détail plus tard.
Aujourd’hui, je les appellerai principalement ashkénazes, comme nous en avons l’habitude en Israël. Les Ostjuden (terme allemand au pluriel pour « Juifs de l’Est ») sont les Juifs d’Europe de l’Est. Au nombre d’environ 6 millions à la veille de la Shoah, les Ostjuden parlaient généralement le yiddish, et leur lieu de résidence était le Yiddishland. Ils étaient organisés en communautés plus ou moins importantes, aussi bien dans de grandes villes comme Varsovie (avec une population d’environ 300 000 Juifs) que dans des shtetls.

Et si nous revenons à ma mère et à mon père, jusqu’à ce que le groupe atteigne le Moyen-Orient, tout le monde vivait en paix. Mais à partir de 1948, une série de harcèlements et d’attaques terroristes, notamment dans des synagogues, ont frappé les communautés juives de plusieurs pays musulmans comme l’Irak, l’Égypte et le Maroc.
Les attaques ont été attribuées à l’antisémitisme et aux islamiques extrémistes. Mais aujourd’hui, des études ont prouvé que ce sont précisément les sionistes, ce groupe ashkénaze, qui ont initié ces attaques dans le but d’accélérer leur migration vers Israël et les ont imputées aux organisations islamiques avec le soutien des médias occidentaux. Ces sources sont basées sur des études d’Avi Shalem, et le sioniste Ilan Pappé.
Un titre typique de l’époque
« Agitation au Caire : les Frères musulmans et des éléments incontrôlés soupçonnés dans une affaire d’attentat »
*De nombreuses études le démontrent.
L’explication pourquoi après Ilan Pepe
« Il existe des preuves que certains agents sionistes ont encouragé ou même orchestré des actes de violence contre les communautés juives dans les pays arabes, dans le but d’accélérer leur migration vers Israël. »
— Ilan Pappé, Le nettoyage ethnique de la Palestine, p. 175
« Le Mossad était impliqué dans des opérations secrètes qui comprenaient des attaques sous fausse bannière destinées à effrayer les communautés juives dans les pays arabes, les poussant à fuir. »
— Ilan Pappé, Entretien avec Al Jazeera English, 2010 (citation approximative)
Après la Seconde Guerre mondiale, certains pays étaient encore sous influence coloniale européenne, comme la forte présence britannique en Égypte (jusqu’en 1952) ou le protectorat français et espagnol au Maroc (jusqu’en 1956). Les Juifs sont été contraints de quitter leur pays d’origine – parfois sous pression directe, parfois par peur – vers l’État d’Israël ou vers un autre pays occidental, selon leurs ressources économiques. La famille de Georges Moustaki s’est installée en France. Mon grand-père a d’abord été envoyé dans un camp de réfugiés en Grèce et, un an plus tard, ma grand-mère l’a rejoint avec ma mère, qui avait environ quatre ans à l’époque. Et environ un an plus tard, en 1953, ils ont été transférés de là, par bateau, vers un camp de réfugiés à Haïfa en Israël.
Ma mère se souvient encore qu’ils vivaient dans des tentes et sans conditions sanitaires de base. Jusqu’au jour où le gouvernement sioniste a exigé qu’ils soient évacués vers l’un des autres camps, où les rumeurs disaient que les conditions étaient encore pires. Ils ont donc refusé de partir. Lorsqu’ils refusaient, tous en subissaient les conséquences : les adultes ne recevaient aucune nourriture, seulement les enfants, une fois par jour. Ma mère se souvient qu’elle gardait de la nourriture dans sa bouche pour la donner à ses parents. Finalement, on les a forcés à quitter les lieux.
L’histoire de l’immigration de mon père et de sa famille en 1956, à l’âge de 9 a été encore plus traumatisante. Dans l’État d’Israël, ils sont arrivés dans un camp de réfugiés dans des conditions déplorables, où ils sont restés pendant dix ans. Et pour leur faire comprendre clairement leur nouveau statut, le régime a situé la décharge de la région à proximité du camp, ce qui a entraîné une morbidité généralisée dans le camp. Cependant, d’autres réfugiés provenant de l’Europe restaient peu de temps dans ces camps.
Dix ans plus tard, le régime a décidé qu’ils devaient être évacués vers un autre camp de réfugiés, qui était encore pire, et ils ont refusé. Puis, au milieu de la nuit, des chars sont arrivés au camp et l’ont évacué en simulant la guerre, les réveillant en panique. Des témoins sur les lieux ont déclaré que plusieurs femmes enceintes ont avorté de panique. Beaucoup de ces Juifs vivent encore aujourd’hui dans les mêmes camps de réfugiés vers lesquels ils ont migré.

Au cours de ces premières années, cinq mille bébés juifs ont également disparu des camps et des hôpitaux, dont une grande partie appartenait à la communauté juive yéménite. À ce jour, nul ne sait ce qu’il est advenu de ces enfants, et le régime refuse toujours l’ouverture complète des archives concernées.
2.
Je voudrais maintenant vous parler un peu de moi. Je suis née dans une petite ville appelée Kiryat Motzkin, au nord d’Israël. Mon souvenir le plus fort de l’école est la façon dont nous étions encouragés, par le biais de rituels et de cours, à réfléchir à l’Holocauste et à nous imaginer en train de le vivre. Je me souviens que la nuit, j’essayais de penser à ce que j’aurais fait à la place de ces enfants dont nous lisions l’histoire à l’école pour être sauvée.

Mon deuxième souvenir de l’école est un incident dont ma mère se souvient encore. Quand j’étais en troisième année du primaire, je suis rentrée un jour de l’école et j’ai demandé à ma mère si les Juifs qui avaient immigré des pays islamiques mettaient leur nourriture dans les toilettes parce qu’ils ne savaient pas ce qu’étaient des toilettes. Je lui ai dit que c’est ce que notre professeur avait dit en classe.
Un autre message avec lequel nous avons grandi à l’école est attribué à Golda Meir, qui fut la quatrième Première ministre d’Israël et la seule femme (entre 1969 et 1974).

Mon troisième souvenir remonte à l’âge de 14 ans, lorsque les enfants étaient répartis en différents groupes selon leur origine ethnique. J’ai été envoyée dans un programme qui ne conduisait à aucun certificat. L’école était divisée entre les Ashkénazes, qui étudiaient les arts et les sciences, et les Juifs, qui suivaient des cours non diplômants et apprenaient des métiers manuels dans des roulottes installées dans la cour de l’école. Ce système s’appelle l’apartheid.

Plus tard, au cours de mes recherches, j’ai découvert des documents dans lesquels le régime sioniste admettait la ségrégation raciale dans le système éducatif.
Le service militaire est obligatoire sous ce régime pour les femmes de 18 à 20 ans et pour les hommes jusqu’à 21 ans. On peut choisir l’unité souhaitée et, si l’on correspond aux critères du système, on y est accepté. Les évaluations commencent dès l’âge de 16 ans.
Au début, je voulais devenir journaliste pour le journal de l’armée. À Tel Aviv, lors d’un interview, un homme et une femme étaient présents — l’homme était une figure bien connue des médias locaux. À un moment donné, j’ai fait remarquer que toute la rédaction était composée d’Ashkénazes et qu’il serait bon d’avoir plus de diversité. L’homme m’a alors répondu : « Tu es raciste. »
Aujourd’hui, 20 % des personnes servant dans les unités de combat sont des femmes. Mais la majorité des femmes servent plutôt comme secrétaires dans l’armée. J’ai servi comme secrétaire chez Rafael, un institut de recherche et de développement d’armes et de technologies militaires, de 1997 à 1999.
En 2004, j’ai déménagé à Tel Aviv et j’ai commencé à travailler comme journaliste indépendante, spécialisée dans le domaine de la littérature et des arts.
Jusqu’en 2011, date à laquelle un tournant majeur a eu lieu dans ma vie et dans ma trajectoire professionnelle. Mon intérêt s’est alors déplacé de l’écriture sur la culture à celle sur la société et la politique. En 2011, la plus grande manifestation à ce jour a éclaté en Israël. Il s’agissait d’une réponse à une vague de protestations qui a débuté en Égypte, s’est propagée à travers l’Europe et s’est ensuite étendue aux États-Unis, ce que l’on appelle aujourd’hui les manifestations de Wall Street.
Lors des manifestations de 2011 en Israël, tous les groupes opprimés de la société se sont soulevés contre le régime et ont afflué en masse à Tel-Aviv, s’installant sur le boulevard Rothschild, du nom de la riche famille de banquiers qui a fondé l’État d’Israël. Je reviendrai bientôt sur cette famille. Ensemble, ils ont manifesté contre le régime.
Mais cela n’a pas duré longtemps. Ce que j’ai vu ensuite, j’ai tenté de le comprendre dès ce moment-là, et pendant de nombreuses années. Je vais y revenir plus tard — c’est là que je suis partie à la découverte de la vérité sur Israël.

Après le massacre de Gaza en 2014, j’ai décidé de quitter Israël.
3.
Il me reste à vous donner quelques explications sur ce groupe et sur l’origine de la situation actuelle avec les Palestiniens.
Alors, qui sont les Ashkénazes ? Le groupe dont on ne parle pas beaucoup.
Leurs origines étaient mystérieuses jusqu’à ce qu’une étude de 2013 de l’Université de Huddersfield, en Angleterre, montrant que leur lignée est largement européenne. Et selon un professeur de pathologie (auteur de l’Oxford Université Press), en moyenne, tous les Ashkénazes sont génétiquement aussi proches les uns des autres que des cousins au quatrième ou au cinquième degré. Selon une étude de 2006, ils forment une population isolée en Europe depuis environ 1 000 ans.
Le terme « ashkénaze » désignait historiquement l’Allemagne. Il est attribué à des communautés spécifiques apparues entre la Loire et le Rhin, à l’actuelle frontière franco-allemande. Aujourd’hui, ce terme désigne un sous-groupe du judaïsme dont les ancêtres vivaient principalement en Europe centrale et orientale. Les Ashkénazes ont développé une culture unique, avec le yiddish (langue dérivée de l’allemand médiéval) et des coutumes spécifiques.
À la fin du XIXième siècle, des colons ashkénazes, principalement de Russie et de Pologne, ont émigré au Moyen-Orient. Leur objectif était d’améliorer leur situation économique, dans un mouvement migratoire plus large vers l’Amérique du Nord.
Au Moyen-Orient, ils se sont installés dans les colonies Rothschild, du nom de la famille de banquiers germano-ashkénaze qui les finançait. La première colonie a été fondée en 1882 par dix membres originaires de Kharkiv (aujourd’hui en Ukraine). Ce mouvement a pris, en 1897, une tournure idéologique, devenant ce qu’on appelle le « projet sioniste ».
Au début des années 1930, des immigrants ashkénazes sont arrivés d’Allemagne. Et en 1933, les membres des colonies Rothschild ont établi clandestinement leur première usine d’armement au Moyen-Orient, alors que la famille possédait déjà une entreprise d’armement à Londres depuis 1888.

Au cours de ces années, l’armée de l’air a également été créée, financée par une autre riche famille ashkénaze, la famille Bronfman, connue pour sa marque d’alcool Seagram et ses liens directs avec le crime organisé. Originaires de Moldavie — alors partie de l’Empire russe — ils ont émigré au Québec en 1889.

En 1947, les Ashkénazes ont lancé une attaque contre les Palestiniens, la « Nakba », qui a duré jusqu’en 1949. Au moins 750 000 Palestiniens ont fui, plus de 78 % de la Palestine historique ont été occupés, 530 villages ont été détruits et environ 15 000 Palestiniens ont été tués dans des atrocités de masse, dans plus de 70 massacres. Même des avions de chasse attaquaient les Palestiniens.

Après 1948, tous les villages palestiniens ainsi que les colonies Rothschild ont été transformés en kibboutzim – une forme de peuplement collectif propre au projet sioniste en Israël, sous l’égide du Congrès sioniste mondial. Aujourd’hui, ces communautés restent en grande partie réservées aux sionistes ashkénazes. En vertu d’une loi toujours en vigueur, les kibboutzim sont légalement autorisés à refuser l’admission de toute personne.
Les kibboutzim sont isolés par des murs et protégés par des gardes armés issus du kibboutz lui-même, souvent formés par l’armée. Jusqu’en 2000, les enfants y grandissaient dans des foyers séparés de leurs parents dès la naissance, et aujourd’hui, dès l’âge de 14 ans. Il existe aujourd’hui 265 kibboutzim, 249 partout en Israël, plus 16 religieux, situés pour la plupart dans les territoires palestiniens occupés, où ils fonctionnent comme des colonies illégales.

*
Parlons politique. Jusqu’en 1977, le gouvernement israélien était entièrement ashkénaze, dirigé par le Parti travailliste israélien de gauche. Les élections n’avaient aucune importance, tous les partis représentés étaient sionistes, et les décisions appliquées provenaient directement du Congrès sioniste mondial.

Dans les années 1970, la deuxième génération de Juifs s’est rebellée contre le racisme et la dépossession et a soutenu les Palestiniens. En 1977, après avoir été exclus des partis de gauche et contraints de rejoindre un parti sioniste ashkénaze de droite, ils ont remporté les élections et ont voulu travaillé pour l’égalité et la paix.

Mais la Cour suprême a annulé ces décisions et a marqué un tournant dans le rôle du pouvoir judiciaire en Israël. En l’absence d’une constitution formelle, la Cour suprême a commencé à interpréter certaines lois comme des « lois fondamentales » constituant une constitution de facto. Depuis lors, elle s’est octroyé le pouvoir d’annuler les lois adoptées par le gouvernement lorsqu’elles sont jugées contraires à ces lois fondamentales.
Cela a permis au système juridique de structurer un ordre politique au service d’un camp idéologique particulier. Dans ce contexte, le Parti sionisme religieux — dont la plateforme politique est historiquement plus proche de l’idéologie de la gauche sioniste — s’est déplacé vers la droite, jouant le rôle d’un cheval de Troie.
En 2022, après la victoire de la droite aux élections, les Juifs – représentant environ la moitié de la population et jusque-là exclus des centres de pouvoir – ont annoncé un plan de réformes législatives visant à restituer le contrôle politique au gouvernement élu et au peuple.
En réponse, des manifestations ont éclaté contre Netanyahu, exigeant que la nouvelle législation soit arrêtée.

Les manifestations étaient principalement menées par des membres des kibboutzim et des habitants de Tel-Aviv. Elles étaient également financées par la famille Bronfman et organisées sous l’influence d’Ehud Barak, ancien Premier ministre, en tant que chef du Parti travailliste, aujourd’hui impliqué dans plusieurs affaires pénales internationales, entre autres, en raison de ses liens avérés avec le trafiquant d’enfants Jeffrey Epstein.

Cependant, ces mobilisations n’ont pas réussi à arrêter le processus législatif. En octobre 2023, l’armée israélienne a lancé une attaque meurtrière contre Gaza. Sous le couvert de cette guerre, la Cour suprême a annulé les réformes introduites par le gouvernement et a rétabli la situation précédente – y compris les dispositions garantissant l’immunité juridique aux pilotes responsables des bombardements incessants.

Aujourd’hui, l’industrie clandestine d’armement fondée dans les années 1930 est devenue l’une des plus puissantes au monde, faisant d’Israël un exportateur majeur d’armes. Il n’y a toujours pas de démocratie. Voici comment une députée travailliste l’a exprimé :

Les camps de réfugiés où vivent encore certains Juifs ont certes connu quelques améliorations, mais la pauvreté y demeure, contrairement aux kibboutzim — comme vous pouvez le voir sur l’image.

Ces données actualisées aident à comprendre la société israélienne actuelle et n’incluent pas Gaza et la Cisjordanie.

Ce qui se joue aujourd’hui en Israël, en plein génocide, est en réalité une lutte pour le contrôle du pouvoir judiciaire. Quant à ce que j’ai vu de mes propres yeux en 2011, et à ce que j’ai pu constater en 2022 et 23, ce sont les mêmes personnes qui ont été impliquées, à travers des actions telles que :

Israël n’a jamais été un État unifié, même à l’intérieur de ses propres frontières — et pas seulement en ce qui concerne les Palestiniens. La division entre Juifs et Ashkénazes n’est pas seulement culturelle, mais profondément politique et structurelle. Ce n’est pas simplement une offensive territoriale, mais une lutte de pouvoir, d’identité et de mémoire. Tant que cette vérité restera cachée ou ignorée, la paix véritable restera hors de portée.
Chaque action, grande ou petite, contre ce régime brutal contribue à son renversement. Et il est temps d’agir.

Merci de votre écoute!
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